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La Grande Vadrouille


Movie | Released: 1966 | Film release: 1966 | Format: Vinyl
 

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# Track   Duration
1.Pense A Nous Deux 
2.Pense A Nous Deux 
3.Marche Ss 
4.Sur Paris 
5.Rendez Vous Au Theatre Guignol 
6.Damnation De Faust 
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La Grande Vadrouille - 08/10 - Review of FilmClassic , submitted at (French)
Sorti au cinéma en décembre 1966. Qui aurait pu penser que ‘La Grande Vadrouille’ connaîtrait un si grand succès ? Pendant longtemps, le film va vadrouiller en tête du box-office et on peut même penser que grâce à ses multiples rediffusions télé on a là le film le plus vu du cinéma français !
Rappelons brièvement l’intrigue : Le film débute par les affres de la guerre, sans musique pendant 2 minutes 25 sans musique avec un bombardier anglais qui ayant passé le mur de l’Atlantique, se perd au retour de leur mission. Se croyant prêt de Calais, il se retrouve dans le ciel Parisien en pleine occupation. Avant que leur avion s’écrase, les trois aviateurs se jettent en parachutes. Aidés par deux hommes que tout oppose, ils vont faire l’objet d’une traque infernale. Cette troupe improbable réussira à franchir la ligne de démarcation, les aviateurs parvenant à sauver leur peau en zone libre...
Traînant depuis les années 1930, une riche expérience dans le cinéma Français, c’est ‘Georges Auric’ qui signa la musique pour cette inoubliable comédie, devenue culte de ‘Gérard Oury’, lequel avait fait appel à ‘Georges Delerue’ sur ses deux films précédents, ‘Le crime ne paie pas’ (1962) et ‘Le Corniaud’ (1965). C’est lors de deux tournages que les deux hommes se sont rencontrés. Le réalisateur ayant joué comme acteur dans ‘Father Brown’ (fr : Détective Du Bon Dieu) de ‘Roger Hamer’ et ‘The Journey’ (fr : Le voyage), d’Anatole Litvak’ dont les bandes son avaient été confiées à ‘Auric’. Cet EP composé de six titres édité par Riviera, filiale de Barclay, restitue parfaitement certains passages de ce film chargé en scène culte. Quasi introuvable, cette composition a été réédité sur une compilation CD, en 2002. Outre cette remarquable composition, le label ‘Universal Music Jazz France’ nous offre quelques autres joyeusetés comme ‘Le Corniaud’ et ‘Le cerveau’, tous deux de ‘Delerue’. Néanmoins, tant sur la première édition 45t française (231231), japonaise (HIT-1482) que sur le CD, on regrettera l’absence de « Tea For Two » (1) (la célèbre scène du bain turc ...ou turkish bath), ainsi que le chant paillard allemand (lors de la scène des chaises musicales), deux passages forts d’un film qui n’a pas pris une ride et qui aujourd’hui encore est capable de faire rire aussi bien les petits que les grands.

‘Pense à nous deux (A1 et A2), une Java instrumentale, est délivrée ici en deux versions. La première se fait aérienne avec le parachutage de ‘Big Moustache’, ‘Mac Intosh’ et ‘Cunningham’, et leurs rencontre avec ‘Augustin’ (Bourvil), peintre errant sur son échafaudage, et ‘Stanislas Lefort’ (Louis De Funès), chef d’orchestre répétant une symphonie pour un spectacle donné en l’honneur de dignitaires nazis. L’ensemble des cors apporte de la légèreté au début et au milieu du morceau, comme si la mélodie virevoltait dans les airs, tandis que l’accordéon, instrument quasi caricatural du paysage musical gaulois, et une harpe prennent le relai, renforçant ainsi le parisianisme de la situation. La seconde version sur un tempo lent ou moderato met en valeur la rencontre entre notre peintre et ‘Juliette’ (Marie Dubois), petite fille d’un marionnettiste de ‘Guignol’, rencontre qui débouchera sur une idylle et comme le précisera bien ‘Stanislas’ à ‘Augustin : « La fille du Guignol ».
‘Marche SS’ (A3) marque l’entrée à l’Opéra de Paris d’un important état major de l’Allemagne nazie, une joyeuse troupe qui devra bientôt fuir sous les décombres d’un attentat raté. Cette marche puise sur un tempo agressif débouchant sur une ambiance de peur. « Rendez-vous Au Théâtre Guignol » sert de fond sonore à la fuite de ‘Big Moustache’ et ‘Augustin’ déguisés en officiers allemands. On se souviendra longtemps du regard réprobateur jeté par une petite fille blonde à ‘Bourvil’ et de l’appel par ‘Guignol’ demandant aux deux fuyards de rejoindre la belle ‘Juliette’.

Curieusement placé en dernière position ‘La Damnation de Faust’ (B3), renvoie à une répétition de ‘La Marche Hongroise’, l’un des huit chapitres de l’œuvre de ‘Berlioz’ et permet d’introduire le personnage autoritaire et égoïste du chef d’orchestre interprété par ‘De Funès’. Ce classique nous renvoie à l’excellence des dialogues, de ‘Stanislas Lefort’ reprenant à plusieurs reprises divers membres de son orchestre dont les bavards joueurs de basson joués par ‘Jean Droze’ et ‘Guy Grosso’. La réplique : « C’était pas mauvais, c’était très mauvais, reprenons au 17 » reste attachée au morceau. Le morceau sera repris en grande pompe lors de l’attentat manqué marquant la fuite de nos protagonistes.

Le film est un véritable Must, l’appui de ‘Georges Auric’ pour sa musique l’est tout autant. Si le nom de ce dernier demeure peu connu du grand public, le pianiste a un curriculum aussi épais qu’un bottin. Compositeur, créateur de symphonies regroupant aussi bien des œuvres pour orchestres, de la musique de chambre, des ballets et des récitals pour piano, s’est aussi taillé un nom dans le cinéma dès les années trente avec plusieurs grands films français, comme ‘Gribouille’ (1937), ‘La belle et la bête’ de ‘Cocteau’ ou encore ‘Le Salaire De La Peur’, en 1953. Tenons compte aussi de quelques productions internationales, tels que ‘Moulin Rouge’ de ‘John Huston’ (1952), ‘Aimez-vous Brahms ?’ d’Anatole Litvak’, en 1961 et ‘Poppies Are Also Flowers’ (fr ; Opération Opium’ de Terence Young’, en 1966.

(1) Standard composé dans les années vingt, la chanson ‘Tea For Two’ a déjà servi de fond sonore pour la comédie musicale de Broadway ‘No No Nanette’. Au fil des années, le morceau est repris par tout un tas d’orchestres de Jazz, subissant des sauces plus ou moins bien concoctées (Rag Time, Boogie, Mambo, Bossa Nova, Cha Cha, Twist) mais aussi par de nombreux vocalistes, comme ‘Bing Crosby’, ‘Doris Day’, ‘Sarah Vaughan’, ‘Pat Boone’ et même ‘Cliff Richards’.
Rattaché à la musique américaine et anglo-saxonne, cet air sifflé conjointement par ‘Bourvil’, ‘De Funès’ et ‘Terry Thomas’ (pas encore Sir) nous vaut une sacrée crise de fou rire. Il fallait trouver un titre qui fasse mouche, simple à siffler et pour tout dire gonflé, car il fallait être inconscient, voire débile pour fredonner cet air dans un Paris occupé par les teutons.

FilmClassic


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