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Joker
(Cd)


WaterTower Music 02/10/2019 CD (0794043201769)
 

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# 跟踪 艺术家/作曲家 持续时间
1.Hoyt's OfficeHildur Guðnadóttir1:24
2.Defeated ClownHildur Guðnadóttir2:39
3.Following SophieHildur Guðnadóttir1:33
4.Penny in the HospitalHildur Guðnadóttir1:18
5.Young PennyHildur Guðnadóttir2:01
6.Meeting Bruce WayneHildur Guðnadóttir4:35
7.Hiding in the FridgeHildur Guðnadóttir1:23
8.A Bad ComedianHildur Guðnadóttir1:28
9.Arthur Comes to SophieHildur Guðnadóttir1:39
10.Looking for AnswersHildur Guðnadóttir0:51
11.Penny Taken to the HospitalHildur Guðnadóttir1:49
12.SubwayHildur Guðnadóttir3:33
13.Bathroom DanceHildur Guðnadóttir2:08
14.Learning How to Act NormalHildur Guðnadóttir1:17
15.ConfessionHildur Guðnadóttir1:29
16.Escape from the TrainHildur Guðnadóttir2:31
17.Call Me JokerHildur Guðnadóttir4:48
 36:25
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Joker - 10/10 - 评论 David-Emmanuel Thomas, 提交于 (法国)
Dans sa lutte sempiternelle avec la distinguée concurrence Marvel/Disney, la Warner/DC propose une déconstruction du mythe du Joker, placée hors continuité de l’univers étendu initié en 2013 avec le Man of Steel de Zack Snyder. Une tactique osée qui prend le pari de placer un super-vilain au cœur d’un film lui étant entièrement dédiée, sans l’ombre d’un héros costumé pour contrecarrer ses plans. Disposant d’une place de choix chez la firme américaine, Todd Phillips se lance ainsi dans l’écriture de son Joker (2019), entièrement conçu pour être amené à vivre sous les traits de l’éclectique Joaquin Phoenix, avec pour une fois des fans qui ne s’insurgent pas face au choix de l’acteur ! Le long-métrage s’interroge sur les origines et la compréhension du clown: comment les inégalités et les injustices d’un Gotham dépravé l’on conduit à devenir « accidentellement » le Joker ? Et surtout, comment relever un tel défi musical ? A qui le proposer ? Le cinéaste, pleinement convaincu qu’il doit « travailler très en amont sur le score », se fait alors recommander la compositrice islandaise Hildur Guðnadóttir par son éditeur musical Jason Ruder, fin connaisseur de ses travaux solos (Leyfðu Ljósinu, Saman). Phillips lui transmet alors le script en exigeant « une réponse musicale rapide » pour sonder son talent et afficher « les émotions que le scénario générait en elle ». Familiarisé avec ses compositions, il souhaite également que la nouvelle recrutée place un violoncelle au barycentre du score, faisant d’elle la candidate idéale, le violoncelle constituant « une extension d’elle-même » selon ses dires. Hildur Guðnadóttir devient la seule artiste à tracer musicalement les origines et le parcours du Joker, en offrant une réflexion musicale intense sur ce symbole du comic book.

Loin de provoquer l’hilarité et se situant aux antipodes des couleurs musicales que l’on pouvait entendre dans les années 90 (Batman, Batman: The Animated Series), l’approche terne d’Hildur Guðnadóttir se révèle être d’une intensité fracassante et dérangeante. Un spectre musical pesant, dont les notes s’infiltrent dans chaque plan du film tel le rire démentiel de Joaquin Phoenix dans nos oreilles, semble gouverner l’histoire et prendre le pas sur les dialogues. Le ton est donné dès l’ouverture, lors de laquelle une profonde mélancolie s’installe, avec ce violoncelle lugubre qui entretient un certain mal-être, difficile à évacuer (« Hoyt’s Office », « Defeated Clown »), le tout reflétant à la perfection la ville de Gotham alors minée par la peur et la terreur. Au milieu des « Gothamiens », Arthur Fleck est un homme troublé dont la folie est enfouie sous une tonne de médicaments, évoluant dans ce milieu urbain impitoyable. Les dissonances de certaines notes et les percussions menaçantes (« Following Sophie », « Arthur Comes to Sophie ») répercutent au spectateur l’ambiguïté d’Arthur Fleck. D’un autre côté, le violoncelle intervient de nouveau avec des « mélodies dépouillées » pour nous plonger dans sa psychologie désordonnée. Guðnadóttir déclare qu’un seul enregistrement des 17 morceaux composant l’album a été réalisé pour capter volontairement les fausses notes et autres « parasites », conférant à sa musique un aspect humain et viscéral, à la morosité sévère. Cette ambiance très sound design se révèle très similaire à ce que l’on entendait déjà sur Sicario (Denis Villeneuve, 2015 – musique de Jóhann Jóhannsson) et Sicario : La Guerre des cartels (Stefano Sollima, 2018 – musique de Hildur Guðnadóttir). Dès lors, il serait plus judicieux de parler de climax composé d’un alliage sonore au minimaliste saisissant. Paradoxalement, cette monotonie provoque une explosion d’émotions, sans pour autant jouer dans la délicatesse. Qu’il s’agisse d’instants tragiques (« Penny Taken to the Hospital ») ou non (« Defeated Clown »), sa partition a la faculté de nous inciter à prendre parti pour lui jusqu’à un certain point de non-retour, lorsqu’en pleine turpitude, il commet l’irréparable. Petit à petit, on assiste musicalement à la déchéance du protagoniste, à ses conflits psychologiques puis à l’entérinement de sa folie. Rarement le rapport image/musique n’aura été si fusionnel, provoquant un impact émotionnel avéré sur le spectateur.

« Après l’attaque du métro, l’orchestre devient plus agressif et plus présent » déclare l’ancienne collaboratrice de Jóhann Jóhannsson. La « vibration électrique » d’un halldorophone, un violoncelle hybride fréquemment utilisé par l’artiste, entre également en scène pour établir une connexion émotionnelle directe avec l’évolution psychologique du Joker. Son thème se mue ainsi en une valse macabre et sinistre dans la séquence de la salle de bain (« Bathroom Dance »), créée et chorégraphiée au son de sa musique utilisée sur le set pour stimuler la danse métamorphosante de Joaquin Phoenix/Arthur Fleck suivant son premier crime. Après avoir tenté de surmonter ses tourments et ses troubles psychiques, il finit par les embrasser au cours de cette danse. Mais le pouvoir évocateur de la mélodie ne s’arrête pas à son influence sur le filmage de la séquence : elle conditionne même le jeu de Phoenix qui s’en imprègne personnellement. Sa gestuelle faciale et corporelle impeccable se mêle à un chœur élégiaque discret, un chant d’Hildur Guðnadóttir, qui lui insuffle une grandeur infinie. La musique ne s’écoute plus, elle se ressent jusqu’à en devenir organique et symbolique, elle prend tout son sens et renforce l’aura démentielle de son protagoniste. Même Joaquin Phoenix le dit: 'C’est la première fois que j’ai été autant influencé par une musique.' !!

L’orchestre ne cesse de croire proportionnellement à la colère du Joker, passant ainsi de 36 musiciens au début du score à 72 en fin de recording session. Libre à chacun d’interpréter le film mais selon sa compositrice, « Arthur s’apprête à devenir vraiment le Joker avant d’entrer sur la scène du talk-show », la poussant ainsi à l’élever musicalement grâce à sa voix, une nouvelle fois. Les percussions nerveuses de « Escape From the Train » illustrent la course-poursuite du métro tandis que « Call Me Joker » annonce la nouvelle aube avec un Joker au sommet de sa folie, qui provoque malgré lui l’émergence d’un mouvement antisocial et le meurtre des Wayne. Ainsi, le personnage devient un symbole et ce spectre lugubre se teinte de tristesse, accentué par les traits de cordes des violons et les cuivres fatalistes. L’apothéose de sa partition. La musique de Joker n’est que le sombre reflet de ce clown déchu et vise à assurer la propagation de son aura maléfique tout au long du film. Ses notes aux accents grinçants et grondants, aussi minimalistes soient elles, ont pourtant l’audace d’un score mélodique loin d’être en retenue par rapport aux images et bien décidé à ancrer le spectateur dans cette version inédite des origines de la Némésis de Batman. La compositrice islandaise ne cherche pas à inscrire son Joker dans les annales des meilleures musiques de films par des mélodies prégnantes mais à accompagner viscéralement le récit. Rarement la musique aura été au service d’un film. Véritable barycentre de sa partition, le violoncelle d’Hildur Guðnadóttir alourdit davantage l’atmosphère morose du long-métrage de Todd Phillips et accompagne la remise en question existentielle de son protagoniste tout en épousant à la perfection l’interprétation émérite de Joaquin Phoenix. Oscar mérité !!



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