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Europese Filmmuziek: Vlaams Radio Orkest




30/03/2006

Brillante soirée que celle vécue à Flagey ce jeudi 30 mars 2006 en combinant simultanément la projection d’extraits de films grands classiques avec une interprétation hors-pair du Vlaams Radio Orkest, dirigé de main de maître par un des compositeurs européens les plus réputés, Dirk Brossé. Ce chef d’orchestre de réputation internationale, nominé aux Oscars pour la musique du film «Daens», n’a pas son pareil pour transcender son orchestre de notoriété internationale, récompensé par un Golden Globe pour la bande-son du film «The Aviator» de Martin Scorsese.

«La Valse de Truffaut» lançait les hostilités et mettait en exergue le talent fou du compositeur Georges Delerue, le fidèle serviteur des films de Truffaut notamment dans les excellents «Tirez sur le Pianiste», «La Nuit américaine» ou encore «Le Dernier Métro» Du grand réalisateur français, G.Delerue de se confier: «De manière générale, François était passionné de la musique de film. Il possédait une collection assez importante de disques sur la grande époque de la MGM, avec ses musiques qui n’en finissent pas de finir» Comme enchaînement, quoi de mieux que de continuer, sous bannière française, avec des extraits de cette fabuleuse musique de «Microcosmos», portée au pinacle par le très renommé Bruno Coulais qui apportait à ce documentaire primé à Cannes en 1996 une très grande sensibilité artistique, une poésie de tous les instants, un hymne extraordinaire à la vie et à la nature.

Rayon découvertes et nature, la musique du «Patient Anglais» n’a de leçon à recevoir de personne. Et quand on vous dit que ces morceaux musicaux sont gérés avec maestria par la patte brillantissime du compositeur français Gabriel Yared (37,2° le matin, L’avion, La Lune dans le Caniveau), force est de constater que ce mélange de musique extraordinaire et superbe avec ce désert envoûtant et passionnant a de quoi laisser pantois plus d’un mélomane-cinéphile averti.

L’ensemble orchestral des violons magnifie les fabuleux rires et sourires de la resplendissante Juliette Binoche et donne un état de grâce au pouvoir séducteur de l’actrice Kristin Scott Thomas.

Hommage a été donné au cinéma de notre compatriote André Delvaux par des extraits de «Benvenuta» et «Un soir, un train», deux œuvres à vocation internationale dont les musiques avaient été composées par Frédéric Devreese.

Enfin, pour clôturer cette première partie, rien de mieux que nous plonger dans l’univers d’un film dérangeant «Land and Freedom» (1995) en éclairant la guerre d'Espagne sous un jour nouveau en pointant le doigt sur la responsabilité de Staline et des communistes plus soucieux de faire échec aux anarchistes et autres socialistes que de combattre le franquisme. Ken Loach, brillant cinéaste, avait confié la musique au très renommé George Fenton qui, par l’apport de ses choix instrumentaux, avait insufflé à son œuvre un mélange de moments forts alternant avec des passages plus lents, synonymes de belle histoire d'amour et de sublimes amitiés avec ces gens venus des 4 coins d'Europe pour défendre la démocratie et une certaine idée de la dignité humaine.
Que d’émotions et de moments intenses dans cette première phase du concert qui redémarrait, après une courte interruption, au quart de tour avec ce chef-d’œuvre bien de chez nous, «Daens» de Stijn Coninx. A ce film et scénario exceptionnel faisait écho une musique d’une très grande qualité, à la fois sublime et triste, quelque part entre le lyrisme et la mélancolie. Le maître-coq de ces compositions n’est autre que Dirk Brossé, venu interpréter sa propre œuvre sous nos yeux ébahis.

La soirée trouvait vraiment sa propre vitesse de croisière en proposant de (re) découvrir une des pièces maîtresses de l’univers d’Almodovar «Hable Con Ella» dont la partie musicale avait été confiée à son compositeur attitré, Alberto Iglésias, qui signe une musique émouvante, sans fioritures, pleine de vibration et de nuances, parsemant son œuvre de touches sombres à l’ambiance morose. L’ensemble de musique à cordes s’enracine comme une vérité profonde et touchante.

Passer sous silence une musique symphonique ample, généreuse à résonance romantique comme celle de Stephen Warbeck dans le très oscarisé «Shakespeare in love» aurait constitué pour les organisateurs de cette soirée un crime de lèse-majesté. Il n’en a rien été et de surcroît, quand la musique est retranscrite avec une telle fidélité et une telle maîtrise, on ne peut que saluer l’inspiration divine qui a bercé tous les acteurs de cette soirée.

Enfin, pour clôturer ces moments d’intense émotion, mettons le cap sur la galaxie Maurice Jarre qui, au travers de ces constellations «Lawrence d’Arabie» et «Paris brûle-t-il ? » fait scintiller le cœur de chaque enfant qui sommeille en nous et nous prend par la main pour nous donner une belle leçon d’humanisme, de simplicité, de féerie et de lumière.

Renaud Jeanmart
Cinemaniacs

 



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