The Last Valley


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# Track   Duration
1.Main Title Theme5:07
2.The Last Valley3:50
3.The Shrine1:45
4.An Evening Song1:58
5.The Plague Pit2:25
6.The Village Attack2:52
7.A Children's Song1:46
8.Attack at Rheinfelden1:10
 20:52
# Track Artiste/Compositeur Duration
1.Main Title Theme, Part 23:36
2.The Last Valley2:37
3.A Christmas Song2:24
4.Witch Burning1:40
5.An Offertory Chant2:37
6.Vogel Leaves the Valley1:20
7.Death of the CaptainEnd Title4:52
 19:06
Introduisez votre critique

 

The Last Valley - 07/10 - Critique de FilmClassic Soundtrack , ajouté le (Français)
C’est en juillet 1967, que James Clavell, qui connaît alors le succès avec le film To Sir With Love (fr : Un prof en enfer) et de son second livre Tai-Pan, adapta au cinéma le roman The Last Valley (fr : La Vallée perdue) (1) (2) écrit par John Pick quelques années plus tôt (1959). Clavell avait l’intention de le réaliser après un autre film qui devait s’intituler The Great Siege et qui racontait le siège de Malte. Mais au final, Il a abandonné ce projet et s’est plutôt concentré sur The Last Valley.

Omar Sharif a été la première star à signer le contrat pour interpréter le rôle de Vogel, un maître d'école venu de Magdebourg qui hait la guerre. Puis, c’est Michael Caine qui fut engagé pour incarner le capitaine des mercenaires. Clavell avait l’appui du directeur d'ABC, qui à l’époque était Martin Baum qui avait participé à la réalisation de To Sir, with Love. C’est ainsi qu’Il a bénéficié du plus gros budget de tous les films réalisés jusqu'alors par ABC Pictures.

Le film nous plonge au XVIIème siècle, en pleine guerre de 30 ans, celle entre les protestants et les catholiques. L’axe central sur lequel gravite le film est la difficile coexistence entre un groupe de mercenaires et les habitants d’un petit village niché dans la dernière des vallées isolées du front austro-hongrois. Un lieu idyllique, loin des maladies ou des fléaux et extrêmement fertile, que ces soldats défendront en échange de leur intégration avec ses habitants.

Inspiré et fructueux pour ses intérêts, John Barry avait, quelques années plus tôt (1968), travaillé sur un autre film historique qui s’intitulait The Lion in Winter (fr : Le Lion en hiver). C’est principalement pour cette raison que Clavell l’a choisi pour composer la musique de son nouveau film.

Barry a construit sa partition sur deux thèmes principaux qui définit parfaitement les personnages des deux protagonistes principaux du film: d’une part Michael Caine dans son rôle de mercenaire et de l’autre, un Omar Sharif lui donnant la réponse dans son rôle de Vogel.

Le ‘Main Title’ (A1) nous présente un Barry d’une virulence et d’une acrimonie inhabituelles, livrant une phrase de teintures semi-épiques à la vigueur et à la gravité d’un chœur parfaitement représentatif de l’atrocité, de l’obscurantisme et de l’hypocrisie de cette guerre désastreuse qui a divisé l’Europe en deux camps sous le même Dieu. Les puissants cuivres et percussions (on a rarement entendu les Anglais aussi agressifs à cet égard) escortent martialement le groupe de mercenaires dirigé par « El Capitan », accompagné d’un large chœur en allemand chargé de souligner la brutalité du conflit.
Le deuxième thème de référence essentiel ne pouvait pas être moins que celui consacré à la vallée qui donne son titre au film, et qui, en raison de son utilisation continue devient le thème principal authentique de la partition.

De cette façon, la séquence ‘The Last Valley’ (A2) nous introduit à l’une des plus belles phrases composées dans la filmographie du compositeur anglais, parfaitement comparable en qualité à celles plus notoires et populaires, comme Out of Africa, Dances With Wolves, Born Free... Comme dans chacune d’entre-elles, Barry nous transpose dans l’ampleur et la beauté d’un voyage descriptif, qui émerge au moment précis où Vogel découvre, dans sa fuite d’une mort certaine, cette merveilleuse vallée perdue, qui au final sert de protagoniste spirituel au film.

Un thème qui fonctionne non seulement comme une référence, mais dont Barry extrait ses énormes possibilités lyriques pour l’appliquer ponctuellement au traitement des personnages, en particulier à la relation amoureuse qui a surgi entre ‘El Capitan’ et la belle villageoise ‘Erica’. Cette ressource très intelligente avec laquelle il parvient à humaniser le rôle rude de Michael Caine, l’éloignant en quelque sorte de la cruauté de la guerre et l’attirant vers la nouvelle vie en paix que la vallée lui offre. Il suffit d’écouter la séquence ‘Death Of The Captain / End Title’ (B7), traduit ici par une belle coda qui illustre la réussite du compositeur dans son but ultime de présenter ‘El Capitan’ comme un être à qui l’amour a ressuscité son humanité presque perdue, provoquant à son tour des regrets pour ses horribles actes de guerre.

Mais cette partition révèle également des moments d’intérêt même dans sa brièveté, ainsi que des échantillons de l’énorme implication de Barry dans l’historicité. Un drame franchement réalisé reprend des morceaux comme ‘The Plague Pit’ (A5) et surtout pour couvrir la scène tragique de ‘Witch Burning’ (B4). Ces séquences conduisent l’auditeur à travers cette conception particulière qu’avait Barry, et qui trouve dans la répétition didactique des phrases sa marque de fabrique indubitable. C’est le cas notamment avec ‘The Village Attack’ (A6).

Édité, lors de la sortie du film, par Dunhill Records, la petite sœur d’ABC Records (et par le label Probe en Grande Bretagne et en Australie), cette partition a fait l’objet d’une première réédition au Japon en 1982. S’en est suivi une autre, en format CD paru sous la bannière du label Tickertape en 1998, Silva Screen en 2001, Intrada en 2007 et Quartet Records en 2016.

Parmi toutes ces éditions, j’épingle celle du label Silva Screen avec une partition plus complète (un peu plus de 20 minutes supplémentaires) et soigneuse., Mais remettons les choses « de César à César », elle ne surpasse pas celle qu’Intrada a édité avec 40 minutes de bonus et qui nous sauve du format LP d’origine.

Au final, c’est une partition sobre et facile à digérer, mais il serait honnête que je mentionne aussi le léger sens de la monotonie dans l’application de la musique dans le film, avec une utilisation exagérée par moments du thème de la vallée et certaines transitions non culminées avec suffisamment de brillance par le compositeur. Ce qui n’empêche pas le plaisir de l’écoute entre l’épique-sauvage et la sensibilité mélodique incomparable dont a fait preuve Barry tout au long de sa carrière.

Selon moi, c’est une partition que doit posséder tout collectionneur de bonnes musiques de film.

(1) À un moment donné, le film devait s'appeler Somewhere in the Mountains There is a Last Valley.
(2) Le titre français repose sur une erreur de traduction de la part du distributeur entre ‘lost’ (perdu) et ‘last’ (dernier) : il s'agit en fait de la dernière vallée préservée des horreurs de la guerre.

FilmClassic Soundtrack
Bande annonce:







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