Barabbas


Film | Date: 1962 | Sortie du film: 1961 | Type: Vinyle
 

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# Track   Duration
1.Main Theme2:03
2.The Whipping of Christ2:24
3.Eclipse3:18
4.The Tomb2:45
5.Intemezzo1:52
6.The Mines4:10
7.Arrival in Rome1:46
8.Rome Afire3:28
9.The Death of Barabbas3:02
10.Musical Examples6:17
 31:04
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Barabbas - 05/10 - Critique de FilmClassic , ajouté le
Bien que l’histoire de la libération de ‘Barabbas’ est archi-connue, ‘Richard Fleischer’ captive immédiatement notre attention par l’ampleur de sa mise en scène. C’est avec un point crucial que débute ce film : ‘Ponce Pilate’ (George Kennedy), gouverneur de Judée entre seul en scène, puis le met face à la populace. Qui ? Alors qu’ils ont le choix, les habitants de Jérusalem optent de libérer le célèbre bandit, interprété par ‘Anthony Quinn' au détriment de Jésus de Nazareth qui est cloué sur un poteau. Tiré du roman de ‘Pär Lagerkvist’, cette fiction se focalise sur le repris de justice, dépeinte comme une brute à qui l’on donne une nouvelle chance et de laisser mourir celui que l’on ne verra qu’à peine et qui se prétend être le fils de Dieu. Elle incarne parfaitement bien un sentiment de mélange de culpabilité, de solitude et d’amour perdu que ressent ‘Barabbas’.
‘Richard Fleischer’ ne quittera jamais son personnage principal, suivra où qu’il aille avec sa silhouette imposante et si l’homme reste le même, son image de brute ne cessera de s’atténuer aux grés des paysages qui défilent, comme Jérusalem, une mine de souffre et en finale, l’arène d’un cirque romain où il combattra le gladiateur ‘Torwald’ (Jack Palance).
Puisque c'est une co-production italienne, le choix pour la musique s’est porté sur ‘Mario Nascimbene’.
En 1959, ce dernier n’est pas un novice pour ce genre de production. Outre ‘Alexander the Great’, de ‘Robert Rossen’, en 1956, il composera d’autres musiques pour des péplums, notamment ‘Solomon & Sheba’ de ‘King Vidor’. Ces œuvres lui permettront de se faire une solide réputation dans ce style de film, atteignant même son apogée avec ‘Barabbas’.
Ici, la musique grandiloquente ne commente quasiment jamais l’action mais créée une atmosphère lourde et chargée, particulièrement expressive durant, par exemple la séquence de la crucifixion. Sur cette production, ‘Nascimbene’ invente le mixerama, une table de mixage complexe à douze pistes, qui lui permet d’isoler le son de chaque instrument de l’orchestre ainsi que du chœur et de les manipuler en jouant notamment sur la vitesse, la fréquence ou la réverbération. Le but étant aussi de créer de nouvelles sonorités, comme le fouet électronique entendu sur la séquence de la flagellation du Christ (A2). Je pense également à la séquence de l’Eclipse (A3), qui comporte un gong enregistré à mi-vitesse et amplifié en lecture, mélangé avec une soprano et un contralto, et des notes soutenues sur les violons. La technique est très obsédante et est unique à l’époque dans les annales de la musique de film. Le compositeur milanais utilisera également cette stratégie pour la séquence d’ouverture cosmique réalisée pour ‘One Million Years B.C.’ (Un Million d’Années avant Jésus-Christ) en 1966 et l’année suivante pour ‘Doctor Faustus’ (1967).
Son but initial était surtout de créer une sorte de magma sonore, particulièrement efficace pour l’illustration de séquences à caractère fantastique. Et le son de cette BO est propre et tranchant à l'exception de la séquence finale s’intitulant ‘The Death of Barabbas’ (B4), qui est gâché par un bruit intense, en plus de contenir les derniers mots d'Anthony Quinn’ dans le rôle. Enfin, avec la séquence ‘Musical Examples’ (B5) l’auditeur reçoit une explication narrée par un certain ‘Chuck Bruce’, à propos des différentes techniques musicales utilisées par le compositeur.
Ce qui nous amène à la version boléro qui a clôturé le film. Il s’agit de la meilleure séquence du disque, qui a été arrangée par nul autre qu'Ennio Morricone’ ... Et oui ! N’oublions pas que c’est ‘Mario Nascimbene’ qui, remarquant un potentiel immense chez son protégé, à tout fait pour lancer sa carrière, comme ici en lui demandant d’adapter et de diriger cette fameuse partition ! Et au travers de celui-ci, ‘Morricone’ démontrait déjà son grand talent.
Lors de la sortie du film, le disque est sorti dans différents pays. Aux States, c’est un bel ouvrage mono ou stéréo (label Colpix) qui s’ouvre sur différentes illustrations du film suivant l’ordre chronologique de celui-ci. En revanche, vu que ‘Morricone’, contrairement à son mentor ‘Nascimbene’, est encore outre-Atlantique un parfait inconnu (1), son nom fait cruellement défaut. Idem pour l’édition Espagnole, Australienne et Anglaise, mais sans pochette ouvrante. En revanche les éditions Française et Italienne (RCA Victor) sont différentes. Elles citent ‘Morricone’ et bonus pour l’Italienne puisqu’elle possède, comme sa grande sœur Colpix d’une pochette ouvrante sur quelques illustrations. De belles pièces qui font certainement la fierté du collectionneur. Il faudra attendre 1981 pour que Citadel Records nous réédite cette magnifique musique (LP) et depuis lors d'’autres éditions suivront.
Pour remplir la dent creuse de tous les amateurs du genre, sachez que l'éclipse de la scène de crucifixion n'est pas due à d'ingénieux effets de lumières mais bien au soleil lui-même. Le plan de tournage avait été modifié afin d'intégrer au film l'éclipse totale de soleil prévue le 15 février 1961.

(1) C’est avec ‘Malamondo’, qu’en 1964 sort la première édition de Morricone tant aux States qu’au Canada.

FilmClassic

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